Someday you’ll return, petit jeu, grandes ambitions

Someday you'll return
Temps de lec­ture : 5 min­utes

Dernière mise à jour le 6 sep­tem­bre 2022 par Femel­leAl­pha

Someday you’ll return

  • Date de sor­tie ini­tiale : 5 mai 2020
  • Développeur : CBE soft­ware
  • Édi­teur : CBE software
  • Plates-formes : PC, Xbox One, Ps4
  • Caté­gorie : Horreur

Avec son ambiance feu­trée et son ton mys­tique, la bande annonce de ce Some­day you’ll return nous laisse espér­er une aven­ture orig­i­nale et bien évidem­ment, un lot de mys­tère à percer comme on les aime. Entre escapade en forêt et hor­reur hal­lu­ci­na­toire, le titre de CBE Soft­ware sem­blait juste­ment avoir été des­tiné aux ama­teurs d’univers orig­in­aux et confidentiels.

 

Un père à la recherche de sa fille

L’histoire nous trans­porte au cœur de la forêt de Chři­by en République tchèque, pays d’origine des deux développeurs du stu­dio de Some­day you’ll return. Le tout com­mence en douceur aux com­man­des de Daniel, un père de famille à la recherche de sa fille dis­parue. Les con­trôles rapi­de­ment assim­ilés, nous voilà lancés à la recherche de cette dernière dans ce qui ressem­ble à un long couloir foresti­er. Répar­er une échelle, un pont, serait-ce un avant-goût de notre périple ? Pour l’heure, la nuit tombe, et amène avec elle son lot de phénomènes étranges qui nous plon­gent dans les méan­dres d’un vieux blockhaus.

Le jour est syn­onyme d’excursion en forêt alors que durant la nuit Daniel vit lit­térale­ment un cauchemar.

 

Dans l’ensemble, si l’ambiance de Some­day you’ll return pos­sède effec­tive­ment sa pat­te à lui comme je l’avais pressen­ti, il m’a été impos­si­ble de ren­tr­er dans l’aventure en rai­son de défauts, trop nom­breux. Nous aurons le temps d’y revenir. La nar­ra­tion de l’histoire, que nous vivons à tra­vers le per­son­nage de Daniel est sans saveur, le per­son­nage manque de trippes et d’inspiration, se con­tentant de com­menter les hor­reurs aux­quels il fait face comme un drogué ayant abusé de sa pla­que­tte de ben­zo­di­azépine. Là, pour un titre se voulant psy­chologique nous sommes à côté de la plaque. Impos­si­ble de faire preuve d’empathie pour un héros si peu charis­ma­tique. La volon­té de créer le malaise chez le joueur à tra­vers le per­son­nage de Daniel, face à ses pro­pres peurs, la fuite, l’abandon, ses erreurs passées, tombe à l’eau. C’est d’autant plus prob­lé­ma­tique, que le titre en lui-même ne fait pas peur quand il voudrait l’être directe­ment, avec des gim­micks bien trop prévis­i­bles et sur­volés lors des phas­es de nuit.

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Someday you’ll return ou la forêt de l’ennui

Some­day you’ll return se veut bien volon­tiers con­tem­platif lorsqu’il s’agit d’arpenter sa forêt des mer­veilles. Mais n’oublions pas qu’un jeu ne présente que peu d’intérêt s’il se con­tente de vouloir plagi­er le monde réel. À ce titre, autant sor­tir de chez soi. Les chapitres en extérieur sont plutôt moches avec une forêt trop calquée sur la réal­ité, pas assez bien mod­élisée pour ren­dre hon­neur au vrai site de Chři­by, mais trop réal­iste pour être inspi­rante, comme si le stu­dio avait voulu recréer cet endroit fidèle­ment sans y par­venir. Les par­ties en intérieur, théâtre des hor­reurs de Daniel, sont plus réussies, sans non plus exceller avec beau­coup d’éléments et de tex­tures redon­dantes. Si de beaux graphismes sont loin d’être syn­onymes de beaux jeux, force est de con­stater que l’ennui vient vite nous frap­per dans cette forêt où nous allons de sur­prise en sur­prise dans les décou­vertes d’évènements tou­jours moins crédibles.

Pour couron­ner l’ensemble, les menus sont brouil­lons, les objets ramassés bien sou­vent inutiles et dans la majorité des cas utiles dans la réso­lu­tion de puz­zles grotesques entre deux énigmes sans grande saveur, un instant totale­ment guidé, l’instant d’après per­du au milieu d’un lev­el design affreux sans plus d’indications. Le tout laisse cette sale sen­sa­tion de ne pas jouer à un jeu, mais unique­ment de baign­er dans le fan­tasme méga­lo­mane de développeurs voulant jouer sur tous les tableaux, mais où je joueur n’a pas sa place.

 

Someday you'll return

Les menus sont brouil­lons et per­me­t­tent le plus sou­vent de réalis­er des énigmes se résumant à des Puz­zle Games sans intérêt. Ici, con­stru­ire une échelle.

 

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Someday you’ll return, petit studio mais grosses ambitions

Si Some­day you’ll return était une carte de restau­rant, cette dernière serait trop étof­fée et pro­poserait à la fois des spé­cial­ités mex­i­caines et chi­nois­es. La com­para­i­son peut paraître saugrenue, et pour­tant Some­day you’ll return perd le client en inté­grant bien trop d’éléments de joua­bil­ités sans réelle con­ver­gence. Car, si l’idée de mêler ran­don­née péde­stre bucol­ique à l’horreur relève déjà de l’exotisme, il n’était pas néces­saire d’emprunter en plus des élé­ments pro­pres au RPG voire à la sim­u­la­tion d’ébénisterie et d’escalade.

Someday you'll return

Le thème de la sor­cel­lerie est très présent. Mais à trop vouloir trop puis­er dans dif­férentes inspi­ra­tions, Some­day you’ll return finit par se per­dre et devenir sans consistance.

 

Il est dom­mage de voir couper notre aven­ture par des phas­es aus­si rébar­ba­tives qu’artificielles en par­tant à la cueil­lette afin de con­fec­tion­ner des potions dans un mini-jeu mal fichu, peut-être pour jus­ti­fi­er les élé­ments inspirés du Folk­lore des sor­cières et de Blair Witch. Nous nous seri­ons bien passés aus­si, à titre d’exemple par­mi d’autres, des phas­es d’escalades et de nom­breux Craft sans intérêt se résumant une fois sur deux à décocher des clous et cli­quer partout comme dans un vul­gaire Point and Click.

La cueil­lette et l’herboristerie sont redon­dantes dans l’aventure avec l’atelier du petit chimiste, et cassent lit­térale­ment le rythme et l’immersion.

 

Dans la même veine, les musiques hétéro­clites illus­trent à mer­veille ce sen­ti­ment schiz­o­phrénique, pas tou­jours en phase avec l’aventure, leur présence rend sou­vent dif­fi­cile d’entretenir la peur avec leurs mélopées par­fois toutes droites sor­ties d’une œuvre de fan­taisie.  Mais ne soyons pas trop dur avec ce man­qué de Some­day you’ll return. Le stu­dio a au moins le courage de vouloir pro­pos­er une expéri­ence orig­i­nale à l’heure de stan­dard­i­s­a­tion à out­rance. Si le titre a reçu beau­coup d’attention de la part ses développeurs, con­stater un résul­tat moins qu’en demi-teinte est d’autant plus regrettable.

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Les +

  • Cer­taines scènes bor­dées d’imagination.
  • Un hom­mage à la forêt de Chři­by qui donne envie.
  • Une aven­ture d’apparat originale…

Les –

  • … Qui manque cru­elle­ment de profondeur.
  • Joua­bil­ité sans plus, menus brouillons.
  • Trop de mécaniques de jeux sans con­sis­tances qui nuisent au rythme.
  • Beau­coup d’objets et de textes inutiles qui n’apportent rien à l’ambiance.
  • Objec­tifs sou­vent flous, énigmes point and click.
  • Graphique­ment inégal.
  • Ne fait pas peur.
  • Lev­el Design pas à la hauteur.
  • Nar­ra­tion sans trippes, manque de conviction.

 


Note globale de Someday you’ll return

Some­day you’ll return aurait pu être un titre agréable s’il ne s’était pas per­du dans un con­cert d’influences sans grandes cohé­sions. Le tout laisse un sen­ti­ment d’immense gâchis. Car nous sen­tons bien que les développeurs avaient la pos­si­bil­ité de faire un titre mer­veilleux s’ils s’étaient davan­tage con­cen­trés sur l’aspect explo­ration et hor­reur, en con­ser­vant cette pat­te qui fait l’originalité du soft. Dans une aven­ture plus courte et intense, soit en adéqua­tion de leurs moyens, peut-être ce Some­day you’ll return aurait-il pu devenir une référence avec son univers plein de bonnes inten­tions, mais puri­fié de son aspect sim­u­la­tion et point and click tout bon­nement infer­nal. En l’état, Some­day you’ll return demeure une fausse bonne sur­prise sans grande maîtrise ne par­venant ni à faire peur ni à cap­tiv­er par une aven­ture qui manque de rythme avec sa nar­ra­tion ban­cale et son game­play affreux.

 


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