Oddworld : L’Odyssée d’Abe, quand les esclaves brisent leurs chaînes à Rupture Farm

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Temps de lec­ture : 7 min­utes

Dernière mise à jour le 6 sep­tem­bre 2022 par Femel­leAl­pha

Oddworld : L’Odyssée d’Abe

  • Date de sor­tie ini­tiale : 19 sep­tem­bre 1997
  • Développeur : Odd­world Inhabitants
  • Édi­teur : GT Interactive
  • Plates-formes : PlaySta­tion 1, PC
  • Caté­gorie : Plate-forme

Nous sommes en 1997, et lorsque je m’ap­prê­tais à lancer la petite “Demo 1” sur ma PlaySta­tion 1, je ne savais pas encore que j’é­tais sur le point de décou­vrir l’un des univers vidéoludiques le plus excep­tion­nel et mémorable de ma généra­tion. Le fait est que plus de vingt ans plus tard l’u­nivers d’Od­dworld sus­cite tou­jours plus d’en­goue­ment tant chez ses admi­ra­teurs de la pre­mière heure, que par­mi les nou­velles généra­tions avec les derniers nés de la fran­chise à savoir Odd­world : New’n’­Tasty et prochaine­ment sur PlaySta­tion 5 Odd­world : Soul­storm. Mais pour l’heure, revenons à nos fon­da­men­taux et prenons le temps d’honor­er l’Odyssée d’Abe.

 

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Bien­v­enue dans Oddworld !

 

L’Odyssée d’Abe, un univers intemporel

Si l’Odyssée d’Abe fut une expéri­ence inou­bli­able pour beau­coup d’en­tre nous, cela s’ex­plique de prime abord par l’o­rig­i­nal­ité et le charme insond­able de son univers. En vingt ans, les doigts de mes deux mains suff­isent à compter les univers de cette trempe, à la fois intem­porels, mag­iques, inspi­rants, et beaux.

Et ce n’est pas la ciné­ma­tique d’in­tro­duc­tion qui me fera men­tir, avec son ton grave et dystopique dévoilant l’une des séquences les plus cultes du jeu vidéo. En quelques sec­on­des, voilà que nous sommes arrachés de notre siège, pris par le col et aban­don­nés dans les arcanes d’Od­dworld avec la décou­verte de l’u­sine Rup­ture Farm.

 

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Voici com­ment nous est présen­té Rup­ture Farm durant la mag­nifique ciné­ma­tique d’in­tro­duc­tion. Il sem­blerait que les syn­di­cats n’aient pas encore mis leur nez ici.

 

Nous incar­nons Abe, un héros et sim­ple agent d’en­tre­tien appar­tenant au peu­ple des Mudokons, réduit en qua­si-esclavage par leurs maîtres et employeurs les Glukkons. Ce sont ces derniers qui demeurent à la tête de Rup­ture Farm, une usine à viande peu scrupuleuse sur ses méth­odes et respon­s­able de la dis­pari­tion de nom­breuses espèces endémiques dans l’u­nivers d’Od­dworld. Mais un jour, la matière pre­mière faisant défaut, les Glukkons décidèrent de con­damn­er leur pro­pre main d’œu­vre, en les sac­ri­fi­ant comme sim­ple amuse-gueule ! Cette décou­verte tant glauque que loufoque mar­que le début de l’Odyssée d’Abe, odyssée de l’u­sine Rup­ture Farm, à la décou­verte de con­trées mys­tiques et, si pos­si­ble, en libérant sur notre chemin les mem­bres de notre peuple !

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Les Mudokons sont au menu… Effec­tive­ment, il va fal­loir partir !

 

Oddworld : L’Odyssée d’Abe, une épopée entre terre sacrée et usine à viande

Comme pre­mière impres­sion, le jeu est beau. Vrai­ment beau, et force est de con­stater que plus de vingt ans plus tard les graphismes n’ont rien per­du de leur superbe au point de faire pâlir un paquet de pro­duc­tions actuelles. Peut-être, ce grain si par­ti­c­uli­er pro­pre aux années 1990, suff­isam­ment pro­pre pour être appré­cié, mais trop sale pour être réal­iste, est-il respon­s­able de la fas­ci­na­tion émanant des graphismes si par­ti­c­uliers d’Oddworld.

 

Atten­tion, chute de car­cass­es ! Rup­ture Farm est légère­ment glauque.

 

La bande-son n’est pas en reste et accom­pa­gne à mer­veille les paysages si par­ti­c­uliers d’Od­dworld, sou­vent dis­crète, elle fait par­tie inté­grante de l’at­mo­sphère désolée qui s’en dégage. Bien sou­vent, elle sait s’ef­fac­er, nous lais­sant appréci­er le son du vent ou celui d’une créa­ture incon­nue, ou quelques bor­bo­rygmes d’in­stru­ments tra­di­tion­nels. Le bruit du vent laisse place au silence pour mieux appréci­er les dif­férentes atmo­sphères. La musique d’Od­dworld est sym­bi­o­tique avec les graphismes qu’elle illus­tre. Musique et graphismes ne font qu’un dans Odd­world, et leur alchimie est pour grande respon­s­able de l’au­ra inde­scriptible qui entoure l’u­nivers d’Od­dworld. Et à ce niveau, il est indis­pens­able de jouer à Abe pour com­pren­dre ce que je for­mule ! Odd­world : L’Odyssée d’Abe pos­sède un tel car­ac­tère, que la sim­ple chaleur de la pre­mière note de syn­thé­tiseur au lance­ment du jeu est recon­naiss­able par­mi toutes autres.

L’OST D’Od­dworld : L’Odyssée d’Abe

 

Odd­world est mag­nifique. Chaque envi­ron­nement pro­pose des thé­ma­tiques inou­bli­ables. Ici, les alen­tours de Rup­ture Farm pen­dant l’ex­fil­tra­tion d’Abe.

 

Une faune et une flore impitoyable

Odd­world est un univers fon­da­men­tale­ment hos­tile. Je me sou­viens même d’une cer­taine appréhen­sion lors de mes pre­mières par­ties. Tout est pré­texte à vous trans­former en charpie ! Pen­dant votre odyssée, des cen­taines de dan­gers vien­dront met­tre vos nerfs à rude épreuve. Car, si une trame de fond alerte sur l’im­por­tance de l’é­colo­gie, le stu­dio ne sem­ble pas oubli­er à quel point la nature peut être aus­si belle qu’elle est cru­elle. Abe devra échap­per aux colos­sales Scrabbs et apprivois­er des Paramites au com­porte­ment tant com­plexe que vicieux, toutes deux demeu­rant des créa­tures à la fois sacrées et ter­ri­ble­ment dangereuses.

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Des envi­ron­nements aus­si mar­quants que pas­sion­nants. En haut, le tem­ple Scra­ban­ien vous en fera baver et, en bas, Para­mo­nia infesté de vicieuses Paramites qu’il fau­dra appâter avec de la viande.

 

Les pas­sages dans les ter­ri­toires sauvages sont grandios­es. Avant que Rup­ture Farm ne les trans­forme en viande, les Scrabs et les Paramites étaient avant tout des créa­tures sacrées.

 

Alors que les dédales de Rup­ture Farms ressem­blent davan­tage à un com­plexe de torture.

Du côté de l’u­sine Rup­ture Farm et de ses envi­rons, il fau­dra jouer des coudes avec des gardes armés de fusils mitrailleurs con­nus sous le terme de Sligs, désarmer des mines, fuir les gueules acérées des voraces Slogs, sortes de chiens mutants sem­blant tout droit sor­tis d’un film de John Car­pen­ter. Pas sim­ple, et ceci explique pourquoi Odd­world : L’Odyssée d’Abe est encore aujour­d’hui réputée comme un jeu exigeant. Et si ce n’est pas suff­isant, durant toute votre aven­ture, il sera pos­si­ble de sauver sur votre pas­sage qua­tre-vingt-dix-neuf Mudokons des griffes des Glukkons. Mais atten­tion, bien sou­vent, les exfil­tr­er corsera grande­ment votre mis­sion, tant cer­tains sont dans le pétrin !

 

Sauver les qua­tre-vingt-dix-neuf Mudokons ne sera pas aisé. Il fau­dra les évac­uer à tra­vers des por­tails de chauves-souris, et dès cinquante éva­sions, vous accédez à la bonne fin !

 

Voilà une petite pho­to de famille. À gauche, Abe chevauchant Elum, juste en dessous une Paramite, tout à droite un Scrab, et au milieu en cos­tume les Glukkons avec leur air de Balkany !

 

Des mécaniques de jeu complexes et une intelligence artificielle

Vous l’avez déjà com­pris, mais Odd­world : L’Odyssée d’Abe demeure déjà un ovni et ne fait rien comme tout le monde, jusque dans son game­play. Si comme dans tout bon jeu de plate-forme, il est pos­si­ble de courir, sauter, s’ac­crocher, ou encore rouler, Abe est aus­si capa­ble d’en­voûter ses enne­mis et de com­mu­ni­quer avec ses con­génères. Salut ! Suis-moi ! OK ! Attends ! Au boulot ! Des répliques mythiques pour tous les ama­teurs d’Od­dworld, qui font par­tie des actions indis­pens­ables pour guider les autres Mudokons en sécu­rités hors de Rup­ture Farm. À l’époque, ces fonc­tions étaient de petites révo­lu­tions, car néces­si­tant une intel­li­gence arti­fi­cielle dévelop­pée. Pour cette rai­son, il fau­dra par­fois apprivois­er le com­porte­ment de nom­breux enne­mis, et analyser leurs réac­tions pour avancer dans l’his­toire sans autres indications !

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odyssée d'Abe

L’une des choses à savoir sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle des Scrabs : ils ne peu­vent pas cohab­iter ! Utilisez cet avantage.

 

Car ce qui fait le sel et l’o­rig­i­nal­ité d’Abe, c’est bien cette vul­néra­bil­ité peu ordi­naire pour un jeu de plate-forme. Abe ne saute pas sur la tête de ses enne­mis pour avancer ! Il fau­dra la jouer fine, courir, se tapir dans l’om­bre, s’in­fil­tr­er, s’ex­fil­tr­er, car Abe est bien doué de pou­voir d’en­voûte­ment certes, mais frontale­ment, il sera bien inca­pable de lut­ter face à ses adver­saires d’au­tant plus redoutables.

 

odyssée d'Abe

Il est pos­si­ble d’en­voûter cer­tains adver­saires pour les retourn­er con­tre eux-mêmes, ici un Slig ! Mais par­fois, cer­tains radars vous empêcheront tout sim­ple­ment d’user de cette technique…

 

Les +

  • Une direc­tion artis­tique dans les hautes sphères de l’his­toire du jeu vidéo.
  • Une atmo­sphère sonore remar­quable par­mi cent autres.
  • Un lev­el design sadique.
  • L’his­toire tant glauque que drôle.
  • L’op­po­si­tion entre dystopie indus­trielle et ter­res naturelles hostiles.
  • Un bes­ti­aire culte.
  • L’in­tel­li­gence arti­fi­cielle développée.
  • Un défi de taille pour sauver tous les Mudokons.
  • Le sen­ti­ment poé­tique que laisse l’aventure.

Les -

  • Des con­trôles quelques fois rigides.

 

Note globale d’Oddworld : l’Odyssée d’Abe

 

Vous l’au­rez déjà com­pris sans sur­prise, Odd­world : L’Odyssée d’Abe est une expéri­ence sans équiv­a­lent en matière de jeux vidéo. Si vous étiez passé à côté à sa sor­tie ou encore si vous n’étiez pas de ce monde en 1997, il est indis­pens­able que vous viviez cette aven­ture en 2020, d’au­tant que tech­nique­ment, L’Odyssée d’Abe se boni­fie comme le bon vin ! Pour vous dire, si vous me par­lez de PlaySta­tion 1 ou de jeux rétro, il est fort prob­a­ble que je fasse automa­tique­ment le rap­proche­ment avec Odd­world : L’Odyssée d’Abe tant cet univers représente selon moi, le meilleur du génie créatif que l’on a con­nu dans l’in­dus­trie vidéoludique à la fin des années 1990, avec cette poésie et cette inno­cence car­ac­téris­tique. Abe existe, il a été fait, et il n’y en aura pas d’autres. Et vous, quels sont vos sou­venirs avec l’Odyssée d’Abe ?

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