Bloodstained : Ritual of the Night, le Castlevania du pauvre ?

Bloodstained ritual of the night test fr
Temps de lec­ture : 5 min­utes

Dernière mise à jour le 6 sep­tem­bre 2022 par Femel­leAl­pha

Bloodstained : Ritual of the Night

  • Date de sor­tie européenne : 18 juin 2019
  • Développeur : Art­play, DICO, Way­For­ward Technologies
  • Édi­teur : 505 Games
  • Plate-forme : Xbox One, Ps4, Switch
  • Caté­gorie : Plate-forme

Dans la vieille Angleterre, une orphe­line mau­dite par le don de cristallis­er les pou­voirs de ses enne­mis part à la con­quête d’un vieux château goth­ique, afin d’y affron­ter son alter ego funeste Gebel. Pri­maire, le pitch donne cepen­dant le ton et il n’en faut pas plus pour con­va­in­cre tout bon ama­teur du genre de par­tir à la con­quête de cette aven­ture pleine de promess­es, avec l’an­cien pro­duc­teur de Castl­e­va­nia aux commandes. 

Bloodstained : Ritual of the Night, une rapide désillusion

Après une rapi­de intro­duc­tion nar­ra­tive aux illus­tra­tions dis­pens­ables, l’aven­ture com­mence in medias res à bord d’un navire infesté d’en­ne­mis. La prise en main est cor­recte, et notre pro­tag­o­niste prénom­mé Miri­am com­mence à démolir quelques enne­mis à l’aide de ses coups de pied. Un tour dans les menus, tout sem­ble OK, nous retrou­vons cet aspect RPG qui fait le charme de cette caté­gorie de jeu : présence d’une fiche de per­son­nage, de car­ac­téris­tiques, pos­si­bil­ité d’équiper armes, armures, et dif­férents sor­tilèges ici récupérés sous la forme de cristaux sur nos adver­saires vaincus.

 

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Un menu com­plet, mais inex­ploité durant l’aventure.

 

On se dit alors super, toutes les bases sont là. Pour­tant après quelques heures de jeux, nous sommes tou­jours dans l’at­tente d’un véri­ta­ble départ dans l’ac­tion et le plaisir lui, est absent sans véri­ta­ble­ment par­venir à com­pren­dre pourquoi à ce stade de l’aventure.

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Une pre­mière rencontre.

 

Une bonne recette avec de mauvais ingrédients

Je ne déplore pas le choix des développeurs de plac­er l’ac­tion dans un vieux château aux allures goth­iques. Cette facil­ité n’est pas sujette à cri­tique à mon sens, car c’est tou­jours un plaisir de plonger dans ce style d’u­nivers. Encore fal­lait-il que cette déci­sion soit jus­ti­fiée par une bonne dose d’in­spi­ra­tion ! Et là, c’est le grand bal de la désil­lu­sion, on n’y croit pas. Les graphismes ne sont ni moches, ni beaux, mais affreuse­ment génériques, sans saveur. Les ani­ma­tions sont grossières. Dif­fi­cile­ment par­donnable lorsqu’en 1997 déjà Castl­e­va­nia : Sym­pho­ny of the Night nous lais­sait des sou­venirs impériss­ables avec sa fan­taisie noire.

Même les musiques, pour­tant promis­es comme inou­bli­ables et orchestrées par de grands noms de l’in­dus­trie, parvi­en­nent à ne trans­met­tre aucune émo­tion. Elles finis­sent même rapi­de­ment par demeur­er abrutis­santes et peu var­iées au point de devoir couper le son, et se répè­tent inlass­able­ment même lorsque la sit­u­a­tion ne s’y prête pas.

Le chara-design ne parvient pas non plus à relever la pente. Pas­sons les PNJ plus qu’anec­do­tiques, et attar­dons-nous un instant sur notre pro­tag­o­niste Miri­am. Sérieuse­ment ! Quand il s’ag­it de net­toy­er lit­térale­ment un château en déglin­guant des démons à tour de bras, envoyez à min­i­ma une femme fatale ou ren­dez-nous les cheva­liers de cape et d’épée ! Car, devoir incar­n­er une gamine en jupe sem­blant tout droit sor­ti d’un clip de K‑POP, mais com­bat­tant comme un Action Man, c’est tout sauf crédi­ble, tout sauf jouis­sif et éner­vant au pos­si­ble. Par-dessus le lot, impos­si­ble d’af­fich­er une vraie armure pour cacher la mis­ère. Des robes, des robes et encore des robes, par con­tre on a la pos­si­bil­ité de mod­i­fi­er la couleur et la coupe de nos cheveux. Peut-être cer­tains pour­raient se recon­ver­tir dans la coif­fure. Citez d’autres enne­mis au style très dou­teux comme les Lili en oreille de lapin ou les têtes de Westy et vous voilà défini­tive­ment sor­ti du cadre du jeu.

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Une fière guer­rière en jupe ! L’ar­mure parfaite !

 

Des fonctionnalités inutiles

Les salles du château s’en­chaî­nent, et l’ex­plo­ration se résume à affron­ter des enne­mis certes var­iés, mais sans réel intérêt. Les Boss ne néces­si­tent que peu de stratégie et hormis celui de la vraie fin, vous en vien­drez à bout sans grands efforts en les bour­rant de votre meilleure tech­nique. Les armes et les tech­niques d’ailleurs sont très nom­breuses, mais nous finis­sons l’aven­ture avec seule­ment une poignée des meilleurs d’en­tre elles. Cela souligne un man­que­ment grave à l’équili­brage, un cristal comme Souf­fle Infer­nal bal­ay­era tous vos enne­mis du début à la fin.

 

Des Boss par­fois sym­pa­thiques, mais gâchés par des straté­gies peu variées.

Pas­sons le sys­tème de con­cep­tion d’armes, d’ar­mures, de cui­sine et d’amélio­ra­tion des cristaux qui ne sont que de la fumée, car totale­ment dis­pens­ables pour finir l’aven­ture. Tous les objets ramassés ne sont finale­ment que de la quin­caille des­tinée à la revente pour vous acheter des potions de soins. Même les car­ac­téris­tiques de résis­tances aux élé­ments ne trou­vent aucune util­ité au cours de l’his­toire. Tout ceci fait de Blood­stained un jeu avec plein de bonnes inten­tions, plein de bonnes idées, mais totale­ment sous-exploitées et donc par­a­sitaires. À vouloir trop en faire, le tout laisse vrai­ment un sen­ti­ment d’inachevé.

 

L’amélio­ra­tion des cristaux, comme le craft des armes et armures est anec­do­tique pour termin­er l’aventure.

 

Heureuse­ment, le per­son­nage de Miri­am reste rel­a­tive­ment agréable à con­trôler et se déplace plutôt bien. Le titre dis­pose d’une bonne durée de vie surtout si comme moi vous appré­ciez chercher les 1000G, comptez une trentaine d’heures.

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Le pitch est anec­do­tique et tient sur un Post-it. Mais pas de prob­lème ! Ce n’est pas un critère val­able pour ce type de jeu. Par con­tre, la suc­ces­sion de dia­logues insipi­des que l’on finit par pass­er inlass­able­ment l’est beau­coup plus, avec des PNJ ayant l’é­pais­seur d’une car­pette. Notons aus­si des errances dans la tra­duc­tion, détail qui, une fois encore, témoigne du soin apporté à la production.

 

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L’un des nom­breux dia­logues avec des PNJ peu inspirant.


 

Les +

  • Bonne durée de vie
  • Un univers gothique…

Les -

  • … Mais sans inspiration
  • Chara-design hor­ri­ble
  • PNJ et dia­logues insipides
  • Quêtes sec­ondaires ridicules
  • Boss poteaux sans intérêt
  • Sys­tème de craft et de cui­sine anecdotique
  • Pléthore de sorts et armure, mais mau­vais équilibrage
  • Ani­ma­tions grossières
  • Enne­mis var­iés, pat­terns pauvres
  • Com­bat­tre en jupe, sérieusement ?

Note globale de Bloodstained : Ritual of the Night

 

Fon­da­men­tale­ment, Blood­stained : Rit­u­al of the Night n’est pas un mau­vais jeu et n’ac­cuse aucun défaut majeur out­re celui qu’il ne brille en rien. L’aven­ture se tra­verse tiède­ment sans accroche, et peut-être aurait-il été préférable que le jeu nous donne au moins une bonne rai­son de l’a­ban­don­ner pré­co­ce­ment. Les ama­teurs les moins exigeants de plate-forme dans les lignées des Metroid­va­nia pour­ront y trou­ver un bon passe-temps, les autres une tra­ver­sée sans pas­sion ni sou­venirs por­tant les couleurs de la frus­tra­tion dans son sillage.


Le mot de la fin : J’ai dure­ment hésité avant d’at­tribuer deux pépites à Blood­stained. Il est vrai que ce Castl­e­va­nia du pau­vre n’est pas si hor­ri­ble en soi et je souhaitai au départ lui offrir une troisième pépite en faisant un jeu agréable et con­seil­l­able. Mais l’ac­cu­mu­la­tion de ses défauts sans autre reste n’en fait plus qu’un gros défaut.

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