Machinarium, un jeu d’aventure débordant de mignonitude

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Temps de lec­ture : 6 min­utes

Dernière mise à jour le 6 sep­tem­bre 2022 par Femel­leAl­pha

Machinarium

  • Date de sor­tie ini­tiale : 16 octo­bre 2009
  • Développeur : Amani­ta Design
  • Édi­teur : Amani­ta Design
  • Plates-formes : Microsoft Win­dows, iOS, Android et consoles
  • Caté­gorie : Aven­ture, point and click, puz­zle game

Après avoir testé le très déroutant Inquisi­tor RPG du stu­dio Cin­e­max, il est temps de décou­vrir quelles autres mer­veilles recè­lent les développeurs tchèques. Aujourd’hui nous allons nous intéress­er à Amani­ta design con­nu pour ces opus­cules vidéoludiques déli­cieuse­ment empreint d’une cer­taine poésie, notam­ment Samorost. Le titre qui a retenu notre atten­tion est Machi­nar­i­um. Le joueur y incar­ne un petit robot, Josef, expul­sé de sa cité et jeté injuste­ment aux ordures comme une sim­ple boîte de con­serve. Séparé de sa bien-aimée, Berta, il entend, tel un preux cheva­lier, aller à sa rescousse. Sur son chemin, il décou­vre qu’un ter­ri­ble atten­tat se prépare…

Si l’intrigue qui façonne Machi­nar­i­um est loin d’être com­plexe – idem pour le dénoue­ment – elle est ample­ment suff­isante pour s’attacher au per­son­nage et avoir pro­fondé­ment envie de l’aider à résoudre sa quête.

Un univers fait main et de toutes pièces

Ce qui fait sans con­teste la par­tic­u­lar­ité de Machi­nar­i­um, ce sont ses décors soigneuse­ment réal­isés à la main. Lors de son périple, le joueur est invité à porter une impor­tance par­ti­c­ulière aux détails de chaque carte : des anci­ennes machines, des mécanoïdes, des robots tous plus délurés les uns que les autres. L’am­biance cyber­punk est retran­scrite avec un réal­isme déroutant tout en finesse, et l’u­nivers n’a rien à envi­er aux ban­des dess­inées les plus plébiscitées.

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Cer­taine­ment à ce jour l’un des plus beaux tableaux de Machinarium.

Aus­si, Machi­nar­i­um est un titre qui joue avec la sen­si­bil­ité du joueur. Le petit robot, Josef, bien que vivant dans une cité déshu­man­isée n’a rien à envi­er à l’al­tru­isme des plus grands hommes. Sans réfléchir, il porte sec­ours aux néces­si­teux, à l’in­star du vieil­lard en fau­teuil roulant qui néces­site dés­espéré­ment un peu d’huile, mais aus­si à ceux qui le sont un peu moins, comme cet orchestre de rue qui sem­ble ren­con­tr­er quelques petits prob­lèmes tech­niques avec son équipement. En somme chaque tableau est empreint d’une cer­taine force et de petits clins d’œil qui don­nent au jeu un cachet incom­men­su­rable. Mais c’est sans compter sur le spleen qui transparaît au détour des ruelles de la cité des robots. Il faut se ren­dre à l’év­i­dence, Machi­nar­i­um a un côté pro­fondé­ment triste.

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Est-ce l’am­biance dystopique des décors qui donne cette impres­sion de tristesse omniprésente ? Bonne question.

Out­re les graphismes qui sont plutôt une belle réus­site, la bande-son vient par­faite­ment com­pléter l’im­mer­sion dans l’u­nivers de Machi­nar­i­um. Les pistes audio sont divers­es et var­iées, les sonorités indus­trielles côtoy­ant à mer­veille les inspi­ra­tions robo­t­iques et autres dis­tor­sions. Machi­nar­i­um a un côté intem­porel et sans nul doute, même dans plusieurs décen­nies, n’au­ra pris aucune ride.

Sur le plan de l’u­nivers graphique et la bande-son, Machi­nar­i­um est un petit bijou. Il n’est donc pas éton­nant que Machi­nar­i­um ait raflé l’Aes­thet­ics Award à l’IndieCade 2008 et le prix Excel­lence in Visu­al Art à l’In­de­pen­dent Games Fes­ti­val 2009.

Machinarium : un gameplay plutôt typique pour un puzzle game

Point de dia­logues dans Machi­nar­i­um, la par­tie sto­ry­telling est nar­rée à tra­vers les réminis­cences du robot ou au con­traire, des pro­jec­tions sous forme de bulles de bande dess­inée. Ain­si, on évolue dans Machi­nar­i­um comme s’il s’agis­sait d’un roman graphique ce qui est, avons-le, une expéri­ence des plus plaisantes. Josef, le petit robot peut arbor­er trois tailles afin de résoudre les divers­es énigmes sur son chemin. Rien de très nova­teur, mais cela ajoute un brin de dif­fi­culté à l’aven­ture. Dans sa forme plus allongée, le robot se déplace très lente­ment ce qui corse l’en­chaîne­ment de cer­taines actions où le tim­ing tient une place à part entière.

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Pra­tique la forme haute, mais peu maniable…

Out­re cela, la plu­part des quêtes se lim­i­tent à la fab­ri­ca­tion d’ob­jets grâce à des com­bi­naisons. Un robot dépres­sif dans une cel­lule vous deman­dera par exem­ple de lui fab­ri­quer une petite-cig­a­rette-qui-rend-joyeux en échange du prêt de son bras qui vous sera fort utile.

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Com­ment fab­ri­quer une cig­a­rette-qui-rend-joyeux en prison ? Eh bien la réponse est sim­ple : du papi­er toi­lette, des algues de tuyaux séchées main à la lampe et le résul­tat est plutôt satisfaisant…

Une dame-robot souhaite retrou­ver son chien égaré. “Qu’elle le cherche elle-même vous direz-vous”. Certes, sauf qu’elle pos­sède un para­pluie qu’il vous faut absol­u­ment pour tra­vers­er une trombe d’eau et aller plus en avant dans votre périple. Il vous faut donc fab­ri­quer une sorte de pis­to­let-grap­pin pour par­venir à attrap­er son chien, qui à pre­mière vue, n’a aucune envie de retrou­ver sa maîtresse.

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Dans Machi­nar­i­um, chaque petit objet du quo­ti­di­en peut être la solu­tion à une énigme.

Aus­si, dans Machi­nar­i­um, les énigmes sont pléthore. Il peut s’ag­it de résoudre des puz­zles, des casse-têtes ou de tout autre élé­ment où la logique, la mémoire et la réflex­ion sont mis­es à rude épreuve.

Une énigme pas très dif­fi­cile à résoudre.

Si l’in­spi­ra­tion vous manque ou que vous trépignez d’im­pa­tience à l’idée d’aller con­sul­ter la soluce, deux solu­tions s’of­frent à vous. La pre­mière est un indice (util­is­able une fois par niveau) sous forme de bande dess­inée. Toute­fois son util­ité est bien sou­vent lim­itée puisque soit vous avez déjà résolu cette par­tie de la carte, soit cet élé­ment inter­vient bien plus tard. Hormis cela, Marchi­nar­i­um laisse la pos­si­bil­ité au joueur de déblo­quer la soluce com­plète d’une carte, en échange d’une brève par­tie de shoot ’em all qui, soit dit en pas­sant, est d’une dif­fi­culté qua­si absente. Une fois le mini-jeu validé, le saint Graal est à vous, ne vous reste plus qu’à le déchiffr­er pour avancer dans votre périple. Ques­tion mérite, inutile de se vanter !

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Les soluces sont présen­tées sous forme de bande dess­inée, ce qui ne fait que ren­forcer la force de la direc­tion artis­tique de Machinarium.


Les +

  • Des décors dignes des plus beaux romans graphiques.
  • Une bande-son immer­sive et empreinte d’un cer­tain spleen.
  • Un per­son­nage attachant et des PNJ qui ont leur charme.
  • Des énigmes et casse-têtes plutôt sym­pa­thiques sans être transcendants.
  • Le jeu n’é­tait pas divisé en “niveau” stric­to sen­su, cer­tains allers-retours sont oblig­a­toires et rajoutent de la difficulté.

Les –

  • Une fin en demi-teinte, une vraie ciné­ma­tique n’au­rait pas été de trop.
  • Des mini-jeux par­fois trop longs et répétitif.
  • L’in­ven­taire trop basique et sans fonctionnalités.

Note globale de Machinarium

Machi­nar­i­um mérite le détour si tant est que l’on soit féru de puz­zle game et de point and click. Cepen­dant, les dif­férentes énigmes ne sont pas tran­scen­dantes et la pos­si­bil­ité don­née par le mini-jeu de shoot ’em up de déblo­quer la solu­tion de la carte sous forme de bande dess­inée gâche un peu le plaisir de se creuser les méninges. Les mau­vais­es langues diront qu’il suf­fit de ne pas en user, mais la ten­ta­tion est par­fois trop grande…


Le mot de la fin : Machi­nar­i­um est un petit jeu avec énor­mé­ment de cachet. La sen­si­bil­ité artis­tique côtoie une bande-son immer­sive et qui a du corps. Si la durée de vie n’est que de quelques heures, elle est large­ment suff­isante pour pass­er un moment vidéoludique des plus agréables.

5 1 vote
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Résumé
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Note
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Note de Cul­ture Underground
3 based on 1 votes 
Nom du jeu
Machi­nar­i­um
Plate­forme
Microsoft Win­dows, OS X
Soft­ware Category
Aven­ture
Prix
EUR 14,99
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