Copycat test du jeu vidéo

Copycat : notre test

Dernière mise à jour:
Copycat test du jeu vidéo
Date de sortie
19 décem­bre 2024
Développeur
Spoon­ful Of Wonder
Édi­teur
Nev­er­land Enter­tain­ment, Crit­i­cal­Leap, Spoon­ful Of Wonder
Plates-formes
PC Win­dows, Mac OS
Caté­gories
Jeu vidéo indépen­dant, jeu vidéo narratif
Notre score
3

Depuis quelques années, nos amis félins – et plus par­ti­c­ulière­ment les chats de gout­tière – envahissent le monde du jeu vidéo. 

Après Stray et son ambiance cyber­punk en 2022, Lit­tle Kit­ty, Big City et son monde ouvert minia­ture en mai 2024, décou­vrons aujour­d’hui Copy­cat, sor­ti fin 2024.

Pub­lié sous le label Spoon­ful of Won­der et soutenu par le gou­verne­ment aus­tralien via Screen Aus­tralia, ce pro­jet indépen­dant a béné­fi­cié du con­cours de Nev­er­land Enter­tain­ment et Nuu­ven Inc pour son édi­tion. Une genèse qui en dit long sur l’am­bi­tion du titre : pro­pos­er une expéri­ence nar­ra­tive intimiste et per­son­nelle, loin des pro­duc­tions AAA. Et le pari sem­ble réus­si : sor­ti sur Steam en 2024, le jeu a été très bien accueil­li avec plus de 50 000 exem­plaires écoulés. 

Un titre pour nous plonger dans une expéri­ence nar­ra­tive émou­vante, cen­trée sur des thé­ma­tiques comme l’at­tache­ment, l’a­ban­don, et surtout ce qu’im­plique réelle­ment l’adop­tion d’un ani­mal de compagnie. 

Mais à quoi faut-il réelle­ment s’at­ten­dre : à un pam­phlet lar­moy­ant ou au con­traire à quelques heures de jeu sincères réveil­lant en cha­cun d’en­tre nous notre côté empathique ?

Dawn le "Copycat" au refuge
Le joueur a la pos­si­bil­ité de choisir l’ap­parence de son chat.

Vous êtes « un chat de remplacement »

Vous incar­nez Dawn un chat de refuge qui a con­nu plus de familles d’ac­cueil qu’utilisé de vies. Bal­lot­té d’un foy­er à l’autre, ce matou blasé et abon­né aux refuges se fait adopter par Olive, une vieille dame seule et malade. À la suite d’une hos­pi­tal­i­sa­tion, cette dernière a per­du son chat, la vraie Dawn qui s’est éva­porée dans la nature. Vous n’êtes donc qu’une rem­plaçante, une dou­blure des­tinée à combler un vide. Char­mant pro­gramme, n’est-ce pas ?

Certificat adoption Dawn
Le début d’une belle his­toire… ou d’une belle erreur.

Rapi­de­ment, on prend ses mar­ques et un malin plaisir à jouer notre rôle de félin récal­ci­trant. Au début, la méfi­ance règne : on feule, on griffe la pau­vre Olive, on cha­parde la nour­ri­t­ure sur la table et on retourne la mai­son. Après tout, on est un chat sauvage, pas une peluche ! L’appel de la nature se fait pres­sant.  Mais voilà que, peu à peu, on s’attache à Olive, finale­ment la vie de chat de mai­son n’est pas si mal… La gamelle est tou­jours pleine, on est bien au chaud et en bonne compagnie.

copycat olive
Incar­n­er un chat, c’est tout un travail !

Un jour c’est le drame. Olive fait un malaise, sa fille débar­que et – sans ménage­ment – vous fiche dehors comme une mal­pro­pre. Manque de chance, la vraie Dawn traîne dans les par­ages et s’empresse de repren­dre sa place. L’usurpatrice usurpée, en somme ! Com­ment récupér­er votre mai­son ? Com­ment sur­vivre dans la nature hos­tile ? Et surtout, qui est vrai­ment l’im­pos­teur dans cette histoire ?

copycat screenshot
Olive qui caline Dawn n°1 pen­dant que Dawn n°2 (vous) cherche à récupér­er sa place.

Un gameplay plutôt minimaliste

Le jeu alterne entre des séquences nar­ra­tives « con­tem­pla­tives » et des intro­spec­tions « Pourquoi la vie est-elle si injuste ? » « Qu’ai-je fait à Olive, pourquoi ne veut-elle plus de moi ». S’a­joutent à cela des apartés instruc­tifs façon doc­u­men­taire ani­malier : « Les chats sauvages sont réputés pour leur agilité. Ils peu­vent sauter jusqu’à 6 mètres hor­i­zon­tale­ment et jusqu’à 3 mètres ver­ti­cale­ment. » Intéres­sant, certes, mais on se demande par­fois si l’on joue ou si l’on a droit à un cours magis­tral sur félins. Le tout est ponc­tué de séquences oniriques où Dawn se trans­forme en pan­thère telle une reine de la savane. Bien pen­sé, mais pas révolutionnaire.

Un screenshot du jeu Copycat
En tout cas on en apprend pas mal sur les chats tout au long de l’aventure.

Côté action, on a droit à quelques mini-QTE : com­bats de chats, course pour­suite avec des chiens, esquive d’humains hos­tiles… Rien de bien méchant, ni de bien exigeant d’ailleurs. Vous ratez un QTE ? Pas de panique, le scé­nario suit son cours. Cette absence de con­séquence finit par priv­er le jeu d’une note d’originalité qui aurait été plus que bien­v­enue. L’effet sur­prise reste assez limité.

Un combat de chat dans Copycat.
C’est l’er­reur de la baston !

Des choix restreints à l’image du game play

Les jeux nar­rat­ifs qui se veu­lent immer­sifs offrent le choix au joueur. Ici, hormis choisir la couleur et le mod­èle du col­lier de votre matou ou per­son­nalis­er son apparence au début de l’aven­ture, le par­cours reste éton­nam­ment linéaire. Vos déci­sions – quand déci­sions il y a – sem­blent n’avoir aucun impact réel sur le déroule­ment de l’his­toire. Même les QTE ratés ne changent rien. Alors oui, les jeux con­tem­plat­ifs ont leur place, mais on reste un peu sur notre faim.

choix du collier copycat
Vous pou­vez choisir la couleur du col­lier du chat ain­si que le mod­èle de cloche.

On a davan­tage l’im­pres­sion d’une « fable moral­isatrice » que d’un jeu vidéo à pro­pre­ment par­ler. Le mes­sage ? Adopter un ani­mal est une respon­s­abil­ité énorme, ne le faites pas pour combler un vide affec­tif, un chat vit longtemps donc si vous êtes malade ou âgé réfléchissez‑y à deux fois, les félins ont une sen­si­bil­ité blabla… Le pro­pos est juste, mais le ton par­fois un brin don­neur de leçons. J’ai eu d’ailleurs une impres­sion de déjà vu comme dans le man­ga Chats des rues : si j’ai adoré les pre­miers épisodes, j’ai rapi­de­ment décroché face à ce côté « don­neur de leçon » qui a fini par me lasser.

Sympathique, mais pas inoubliable

Pour un jeu dévelop­pé sans grande pré­ten­tion – on dit qu’il aurait été codé en un week-end, ce qui expli­querait bien des choses – c’est plutôt pas mal. On parvient à créer un lien émo­tion­nel sincère avec Olive et Dawn, à com­patir à leurs mal­heurs respec­tifs. Comme le souligne juste­ment la page Steam, c’est le jeu idéal pour une après-midi plu­vieuse, emmi­tou­flé sous un plaid avec un thé fumant. Il plaira sans nul doute aux âmes empathiques et aux amoureux des chats.

olive et dawn copycat
Des adieux déchirants

Le côté « explo­ration urbaine » a son charme, tout comme le dilemme moral sous-jacent : finale­ment, qui mérite vrai­ment sa place dans la mai­son d’O­live ? Peut-on réelle­ment blâmer cette vieille dame esseulée de chercher un peu de com­pag­nie ? (Bon, son geste à l’acte 2 est franche­ment indéfend­able, on vous l’ac­corde.) Mais voilà, Copy­cat n’est pas un titre qui laisse un sou­venir impérissable.

Quelques captures d’écran de Copycat

Copy­cat : notre avis
Pour con­clure
Copy­cat est une petite expéri­ence nar­ra­tive hon­nête qui rem­plit son con­trat : vous faire vivre le quo­ti­di­en d’un chat de refuge avec ses joies, ses peines et ses ques­tion­nements exis­ten­tiels. Mal­heureuse­ment, son game­play min­i­mal­iste, son absence de rejoua­bil­ité et son ton par­fois trop moral­isa­teur l’empêchent de sor­tir du lot. Un jeu sym­pa­thique pour les amoureux des félins sans plus. 
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