Guérilla, le jour où tout s’embrasa, Laurent Obertone – ed. Ring

Temps de lecture : 3 minutes La guerre civile était inévitable.
Vivez l’Apocalypse des trois derniers jours de la France.

Temps de lecture : 3 minutes

Guérilla, un roman d’anticipation ?

C’est avec Guérilla, le jour où tout s’embrasa de Laurent Obertone que je découvre les éditions Ring.

C’est en flânant aussi, dans les rayons d’une librairie que je fus attirée par la couverture assez percutante et par le résumé prometteur du livre : un roman d’anticipation, s’inscrivant parfaitement dans l’actualité.

Dès les premières pages, Guérilla nous plonge dans une lancinante dystopie.  La France entière est bien pensante, on ne parle plus de migrants, mais d’itinérants, on ne parle plus de terrorisme, mais d’actes isolés, le flics sont les grands méchants, les racailles de cités les grandes victimes,  les femmes (féministes) se font insulter à longueur de journée et ne brochent pas, c’est normal, il faut “les comprendre”. On assiste à une France soumise au politiquement correct aux agressions, à la manipulation des médias.

La structure du récit est originale : l’ouvrage est découpé en plusieurs récits imbriqués : on suit différents personnages, de la blogueuse bien pensante, aux anti-fa, des militants végans, au comptable qui par un concours de circonstances s’offre une nouvelle vie dans ce chaos, du terroriste, qui dans un élan de lucidité porte secours à une femme enceinte à un vieux colonel qui abandonne sa femme pour sauver une fillette.

La lecture fut rapide : impossible de l’interrompre, le livre est prenant, dérangeant et surtout comporte beaucoup de similitudes avec les faits actuels. On s’interroge : est-ce une prophétie ?

Tout le long de l’ouvrage, nous faisons face à un style presque sarcastique. Chaque phrase est courte, mais cinglante, on lit Guérilla, comme on lirait un carnet de bord, ou un journal intime.

Certaines scènes sont explicites, malaisantes, mais pourtant font preuve d’une certaine pudeur. Obertone ne fait pas dans le trash au niveau des descriptions, ce sont les faits qui le sont.

En bref une lecture qui ne laisse pas de marbre. Certains y verront un ouvrage de propagande, d’autre une fiction dystopique d’anticipation qui tire la sonnette d’alarme. Lisez Guérilla et posez-vous les bonnes questions : la France bien pensante n’est-elle pas en train de courir à sa propre perte ?

Les +

  • idées, récit intéressant,
  • sorte d’humour noir omniprésent,
  • du choc, sans trop en faire.

Les –

  • personnages clichés (même si cela se justifie, compte tenu du message du livre),
  • style quelque peu “journal intime” pas assez littéraire à mon goût.

Extrait du livre

Je vais te dire ce qui se passe. Il n’est plus question de l’habituelle petite guerre entre touristes et terroristes. La folie est lâchée dans les rues. Cette nuit tout sera pillé, détruit, sans distinction ni logique. Les itinérants et assimilés s’en donneront à cœur joie. Les petits Blancs des villes ont pris fait et cause pour ces malheureuses victimes de la société, comme nous le leur avons appris. Les petits Blancs des champs se tairont et attendront, parce qu’ils ne savent faire que cela. Pendant ce temps, le terrorisme va donner tout ce qu’il a, de peur de se faire voleras terreur et son chaos. Tous les employés qui font que ce pays tourne ne vont pas risquer leur peau pour leur travail de merde. Ils resteront chez eux. Il n’y aura plus de transports, de service, de communications, d’approvisionnements. Tous les circuits seront coupés. Finis les médicaments, la nourriture, le gaz, l’essence, l’eau potable, l’électricité, Internet, le téléphone, les secours, la police… Tout va s’effondrer. La ville va prendre feu. Des incendies gigantesques, puisqu’aucun pompier ne fera plus son travail, puisqu’aucun flic ne fera plus respecter la moindre loi. Ils seront livrés à eux-mêmes, ou affectés à des postes stratégiques prioritaires, qui ne consistent plus qu’à protéger les gens comme nous. Ailleurs, ce sera chacun pour soi. La rue est déjà livrée aux tirs, aux couteaux et aux flammes. Les moutons se terreront chez eux, où chercheront à fuir. Quant à nous, qui parlions hier de la France, parce que nous avions besoin de sa sueur pour payer nos orgies, nous devons l’abandonner au plus vite. Nous seuls en avons les moyens.

Note globale de Guérilla, le jour où tout s’embrasa

 

Un livre criant de vérité sur le fond, mais sur la forme manquant de profondeur.

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